La première étude de biosurveillance ToxicoWatch (TW) à Ivry-sur-Seine, en banlieue parisienne, a été initiée en 2021 en collaboration avec C3R(Réduire, Réutiliser, Recycler), avec pour objectif la recherche de dioxines dans les œufs de poules de basse-cour dans l’environnement proche de l’incinérateur de déchets Ivry-Paris XIII (IPXIII).
Principales conclusions Biosurveillance Ivry-sur-Seine/Paris région 2021 :
- Des valeurs élevées de dioxine ont été trouvées dans les trois biomatrices (œufs de poulets de basse-cour, aiguilles de pin et feuilles d’arbres).
- Le test biologique DR CALUX pour l’analyse des dioxines, montre que 83% des œufs (5 des 6 échantillons) dépassent les limites d’action pour une consommation alimentaire sûre, telles que réglementées dans la directive 2017/644 de l’UE.
- L’analyse chimique GC-MS des dioxines dans les échantillons d’œufs confirme les résultats du bioessai. Cinq (5) des six (6) sites dépassent les limites de l’UE pour la consommation sûre d’œufs conformément au règlement (CE) n° 1881/2006.
- L’analyse chimique GC-MS des œufs a révélé que cinq (5) sites dépassaient la limite d’action pour les PCB de type dioxine (dl-PCB) conformément au règlement (CE) n° 1881/2006.
- Les résultats de l’essai biologique DR CALUX sur la végétation, les aiguilles de pin et les mousses, démontrent des niveaux élevés de dioxines à proximité de l’incinérateur de déchets IPXIII.
- Les résultats de l’analyse des dioxines dans les mousses sont de 1,2 – 4,9 pg TCDD eq./g de produit et de 1,6 – 4,4 pg TCDD eq./g de produit dans les aiguilles de pin. La fraction de dioxines et de furannes (PCDD/F) domine sur les PCB de type dioxine (dl-PCB).
Les niveaux excessifs de dioxines détectés dans ces échantillons d’œufs de poules de basse-cour ont suscité l’inquiétude du public et des pouvoirs publics. En réponse, l’autorité sanitaire française (ARS) a mené une étude plus large dans la région parisienne, identifiant des niveaux élevés de dioxines et de PFAS dans les œufs.
Les congénères de dioxines spécifiques à la combustion Hepta (HpCDD) et Octa (OCDD) se sont avérés être les plus élevés dans les échantillons d’œufs de poules de basse-cour de ToxicoWatch et dans les échantillons d’œufs de poules de basse-cour de l’ARS d’Ivry-sur-Seine. Les résultats concernant les congénères spécifiques sont cohérents avec l’étude TW de mesure semi-continue de l’incinérateur IPXIII (TW 2023), qui a rapporté jusqu’à près de 7 000 heures de dépassements/défaillances sur une période de deux ans.
En octobre 2024, ToxicoWatch (TW) a réalisé, avec le soutien de Zero Waste Europe (ZWE), la deuxième étude de biosurveillance à Ivry-sur-Seine, en banlieue parisienne. L’accent a été mis sur la collecte de mousses(bryophytes) et de sol dans les cours d’écoles primaires situées à moins de 1500 mètres de l’incinérateur de déchets IPXIII.
Principales conclusions Biomonitoring Ivry-sur-Seine/Paris region, 2024 :
- La plus forte concentration de dioxine a été analysée dans des mousses(bryophytes) dans la cour de récréation d’une école primaire, à 780 mètres à l’ouest de l’incinérateur de déchets IPXIII.
- La plupart des écoles primaires ont montré des niveaux élevés de dioxines dans les mousses(bryophytes) et le sol de leurs cours de récréation.
- Tous les métaux lourds mesurés [14] étaient élevés dans les échantillons de mousses(bryophytes) par rapport aux valeurs les plus faibles mesurées dans le cimetière, situé à l’est d’Ivry-sur-Seine.
ToxicoWatch Research étudie en 2024-2025, avec le soutien de Zero Waste Europe, la présence de polluants organiques persistants (POP) dans les filtres à air extérieur de cinq (5) écoles primaires situées à moins de 1500 m de l’incinérateur de déchets Ivry-Paris XIII (IPXIII) à Ivry-sur-Seine, en banlieue parisienne. L’étude est une continuation de la recherche de biosurveillance menée par TW (2021-2024), avec l’objectif d’acquérir des connaissances plus approfondies sur la contamination par les POP dans l’environnement de l’incinérateur de déchets Ivry-Paris XIII.
Cette recherche représente l’une des premières études sur les polluants organiques persistants (POP) dans les filtres à air des écoles primaires en utilisant des méthodes d’analyse par bioessai.
Principales conclusions de la recherche sur les filtres à air dans les écoles primaires de la région d’Ivry-sur-Seine/banlieue de Paris, septembre 2025 :
- Dioxines allant de 1,9 à 200,0 pg TEQ /gramme dw
- Les PCB de type dioxine (dl-PCB) présents dans les filtres à air des écoles varient de 1,4 à 29 pg TEQ/g dw.
- HAP dans les filtres à air : 5100 – 100 000 pg d’équivalents benzo[a]pyrène par gramme
- PFAS dans le filtre à air : 0,99 – 156 μg équivalent PFOA par gramme dm, dw
- La poussière intérieure contient 26,40 pg TEQ/g de dioxines et 40 µg PFOA eq./g dw de PFAS.